alexis puget

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b. 2000, Paris, FR.
Lives and works between France and Germany.
Based in Paris. Studio at Artagon Pantin.

Biography
Born in 2000, Alexis Puget lives and works between France and Germany. He studied at Haute Ecole des Arts du Rhin, Strasbourg, and Staatliche Hoschule für Gestaltung Karlsruhe, regularly takes part in residencies in Europe hosted in institutions as ENSBA Lyon, Lyon (FR), 2026, LAZNIA Center for Contemporary Art, Gdansk (PL), 2025, 2024, Artagon, Pantin (FR), 2024-2026, Le Bel Ordinaire, Billère (FR), 2025, Casino Display, Luxemburg (LU), 2023-2024, or Floating University, Berlin (DE), 2023. He recently exhibited in Paris, Berlin, Venice, Basel, Luxemburg, Munich, Poznan, Lyon, Marseille, Offenbach-am-Main, Freiburg, Strasburg, Freudenstadt and Karlsruhe. He is the recipient of various grants as Fondation des Artistes, 2025, DRAC Grand-Est, 2025, Région Grand-Est, 2024, HEAR, 2024, 2022.

Statement
Tale-like documentary sculptures, autopsies of industrial objects, internet novels, soundless and imageless cinema, pirate radio and Faraday cages, my pieces are inhabited by empty clothes and forgotten objects like many props on an abandoned film set. From genre cinema, ultra-local myths and collective internet narratives, my installations dress up the legends and beliefs that certain internet micro-communities weave around them as poetic, nostalgic and speculative tools to face affective collapse. Installative frescoes, mixtapes and sculptures with scenario, I'm interested in the rendering of Capitalocene landscapes in depression and human stories that flourish at the edge of physical and digital spaces that I archive during long-term investigations, turning these places into sensitive spaces to tell — and be told — stories. Through the videoclub allok7.fr, I am also developping an IRL/URL curatorial tool invading institutional cracks and insterstices. I produce exhibitions, screenings and host artists' films.

Links
The Makers Behind The Directory : Ten Artists You Should Know (2026)
LAZNIA CCA, PL — residency (2025)
[Interview] Bel Ordinaire, FR — research residency (2025)
LAZNIA CCA, PL — residency (2024)
Saliva.live — Playlist for an eternal Autumn, FR (2024)
Rundgand.io — Playlist for an eternal Autumn, FR (2024)
Casino Display, LU - curated screening for allok7.fr (2024)
Apollonia European Art Exchanges — (co)habiter, FR (2022)
Member of Plan d'Est, FR

Texts

Following a DIY aesthetic and fuelled by internet cultures, Puget’s network-like assemblages intersect para-scientific and speculative, dystopian and utopian sightlines in a way that brings to mind a saying by science fiction author Kim Stanley Robinson: “Science fiction is the realism of our time.”
Heinrich Dietz, Director of Kunstverein Freiburg, for Will I still perform tomorrow?, 2023.


Issu d’une formation à la HEAR – le master-séminaire No Name dont l’appellation figure avec justesse le caractère expérimental –, Alexis Puget développe depuis quelques années une démarche qui tend vers la recherche et déborde sur une approche curatoriale. L’atelier No Name, qui existe aujourd'hui sous une autre forme, visait à décloisonner la pratique artistique de la seule production plastique et semble avoir mené l’artiste à envisager le médium de l’exposition sous ses formes les plus disparates. De la radio pirate au site allok7.fr qui vient archiver toute une programmation vidéo imaginée pour accompagner ses expositions, Alexis Puget appréhende la sculpture comme on fait des mixtapes. Il s’agit pour lui de tisser des fils narratifs aussi bien entre des lieux, des codes culturels et des histoires incongrues devenues l’objet d’enquêtes spéculatives et poétiques menées au long cours.

Son ancrage dans la ville de Strasbourg, qui reste peu connectée au centre névralgique représenté par Paris, l’a conduit à explorer des scènes situées de plus en plus à l’Est. Après des séjours en Allemagne et au Luxembourg, c’est en Pologne qu’il réalise ses derniers projets, guidé par l’étude de phénomènes culturels, scientifiques et sociologiques découverts sur place. Aujourd’hui résident de l'atelier Artagon (Pantin) et intégré au post-diplôme de l'ENSBA de Lyon, il reste toutefois éloigné des parcours dits classiques et qui rendent compte d’une centralisation spécifique à la scène française. De cette géographie particulière est née une manière de penser les pièces en constellation qui consiste à imaginer pour chaque exposition une potentielle extension de celle-ci dans un autre espace, tangible ou non. Lorsqu’il réalise l’un de ses premiers projets entre le Kunstverein de Freiburg et la HEK de Bâle, il s’agit pour lui de rejouer le ciné-club au rez-de-chaussée de l’immeuble dans lequel il a passé son enfance. À cette occasion, il ouvre un site internet qui lui permettra, au fil des projets, d’inviter des artistes à présenter leurs vidéos dans le cadre de micro-programmations associées. Cette démarche visant à déconstruire la fracture entre espace digital et matériel s’actualise dans son ambition de concevoir des expositions jumelles. Qu’il rende possible la coexistence de deux pièces similaires dans deux environnements distincts ou qu’il envisage une exposition comme le prélude de la suivante, l’artiste s’applique à étendre la temporalité de l'œuvre à un processus en perpétuelle évolution. Tout comme le paradoxe des horloges – théorie physique tendant à démontrer la relativité des durées et également connue sous le nom de « paradoxe des jumeaux » –, son travail donne corps à cette dilatation du temps. Sa manière d’appréhender le dispositif curatorial comme une installation plus globale et de percevoir l’espace comme un continuum participe intimement de sa recherche artistique. Existant au-delà de tout cadre, les formes produites par Alexis Puget découlent des investigations qu’il mène et ressurgissent de manière itérative dans de nouveaux contextes narratifs.

Il y a quelques années, l’artiste archivait de manière spontanée les aléas d’une relation amoureuse entre deux protagonistes d’un live chat sur YouTube. Des débuts hasardeux de cette romance vécue virtuellement à sa rupture dramatique, il se fait le dactylographe des nombreux échanges qui ont eu lieu pendant plusieurs mois entre deux adolescent·es. Plus tard, ce dialogue à trous – l'instantanéité du chat n’ayant pas permis d’en saisir chaque détail – donne lieu au scénario d’un film qui ne sera jamais tourné par l’artiste. Se saisissant des codes de la série B romantique, il s’applique à en extraire des fragments pour en imaginer le décor, les accessoires, le trailer et les pochettes DVD ne contenant pas l’objet fini. Les différentes expositions qui en résultent, réunies sous le nom de « Sad Songs for Sad People » mettent en scène une production filmique irréelle qui se fait l’autopsie de nouveaux modes relationnels et questionne la redéfinition de nos systèmes affectifs à l’ère post-internet. À travers l’étude précise de différents signes culturels, dérivant le plus souvent d’Internet – de la résurgence du mouvement Emo aux crying selfies –, l’artiste use des tendances esthétiques émanant de flux virtuels pour sonder les mouvements du monde extérieur. Par cette veille digitale, il décrypte des comportements sociétaux qu’il vient traduire de manière poétique. Dans sa pratique sculpturale, il s’attache ainsi à établir des correspondances entre des phénomènes a priori sans lien de cause à effet et pourtant intimement corrélés.

Lors de sa première résidence à Gdańsk (Pologne), Alexis Puget part à la recherche de l’ambre jaune, matière semi-précieuse issue de gisements sous-marins et régulièrement rejetée sur la côte. Pour ce faire, il fait appel autant aux groupes trouvés sur Facebook réunissant des communautés de chercheur·euses amateur·es qu’aux savoirs ancestraux qui suggèrent de se fier aux bruits des vagues pour savoir quand l’ambre viendra à apparaître. En analysant notamment comment les réseaux sociaux fictionnalisent la réalité et de quelle manière la fiction imprègne en retour le réel, il vient révéler les conséquences de ces intrications par le prisme d’objets saisis tels quels ou reconfigurés. Pour autant, ses projets dérivent le plus souvent d’enquêtes qui n'aboutissent pas, de films qui ne voient pas le jour, de tempêtes qui n’éclatent jamais, de boucles vidéo et de playlists infinies. Tout comme ses pièces qui ne se figent jamais dans une forme parfaitement durable, l’enjeu de sa pratique semble résider dans la recherche en tant que telle. Il s’intéresse davantage aux chasseurs d’ambre et aux dompteurs de tempêtes qu’aux phénomènes en eux-mêmes. Énigmatique, le contenu produit par Alexis Puget se veut spéculatif et s’appuie sur des récits glanés au fil des rencontres ou dénichés dans les profondeurs de forums obscurs dont il se fait le conteur. Lorsqu’il s'intéresse à l’histoire du centre-ville médiéval de Gdańsk qui n’est autre qu’une reconstruction récente fabriquée de toutes pièces en prélevant les pierres de villages voisins, il laisse affleurer l’idée selon laquelle les meilleurs scénarios adviennent dans le réel. Cette matière devient pour lui un enjeu fictionnel qui apparaît de manière diffractée dans ses pièces pour offrir un mode de lecture sensible des contextes qu’il vient explorer et des implications politiques, historiques et anthropologiques qui s’y nouent.

Dans sa dernière exposition personnelle intitulée « Nocturnals » (Barbara Baryzewska gallery, Poznań, janvier-février 2026), en hommage à la fois aux espèces volantes qui émergent à la nuit tombée et à un genre souvent associé au romantisme musical, l’artiste convoque différentes références culturelles qui seront réinterprétées lors de deux nouveaux actes à Gdańsk (Laznia CCA, 2026) et à Nancy (Openspace, 2027). Largement inspiré par le concept de « superstorm» développé par la chercheuse en design Noemi Biasetton, qui use de métaphores atmosphériques pour étudier les implications politiques qui se jouent notamment dans le monde digital, l’artiste construit à son tour des corrélations entre les mouvements des papillons de nuit annonciateurs de tempêtes et la vidéo d’une mouche produite par une entreprise d'insecticides reprenant tout autant les codes du cinéma horrifique que ceux des films de propagande soviétique des années 1970. Dans cette exposition comme dans sa pratique en général, si les pièces d’Alexis Puget dénotent un caractère sentimental et nostalgique, leur agencement semble revêtir une dimension programmatique. Mis bout à bout, ces objets visant à décrypter des codes civilisationnels peuvent ainsi s'envisager de la même manière que l’artiste Hito Steyerl conçoit l’évolution des contenus visuels à l’ère numérique : « Les images n’enregistrent plus une réalité préexistante mais co-créent une réalité à venir. »

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"Alexis Puget - Le paradoxe des horloges" - Camille Velluet, independant curator - Published in Art Press n°544, june 2026



Alexis Puget's project investigates how contemporary internet "aesthetic trends" on social media platforms portray landscapes of melancholy and depression through a post-romantic lens. He examines how meteorological phenomena—particularly storms and thunder—operate within our current capitalist environment while preserving ancient stories and rituals from earlier eras.

Building on his initial investigation that began in Gdańsk in 2024, Puget will continue exploring several interconnected themes: Baltic amber harvesting and the ancient tradition of collecting amber along the Baltic coast after storms; the storm tamer figure, individuals believed to possess power over weather phenomena; Cold War cinema and independent filmmaking during the period as an expression of Western colonial perspective; natural radio and low-frequency hertzian sounds; and literary connections spanning romantic and post-romantic poetry from the 19th century to contemporary post-digital culture.

The project examines how social media users create and curate "aesthetic trends" that romanticize and fictionalize everyday life. These trends have grown significantly since the pandemic, serving as responses to social and emotional disruption. Users organize cultural references— music, cinema, photography, and literature—under hashtags including #midwestcore, #polishcore, #twilightcore, #liminalspaces, #cottagecore, #regionalemo. These digital movements create what Puget describes as "a sensitive library of poetic speculative tools."

Weather phenomena, especially storms and thunder, play a central role in these aesthetic movements, often accompanied by detailed atmospheric descriptions connected to specific emotions and feelings. Puget investigates how these natural forces operate within our current capitalist context while maintaining connections to historical tales and rituals.

His research draws particularly from Adam Mickiewicz's romantic poem "Dziady" (The Day of the Dead, 1823–1860), which develops a philosophical approach to death and nature using highly cinematic settings and atmospheres. Additionally, Puget references the figure of the storm tamer through Polish-French director Jean Epstein's film "Le Tempestaire."

Through radio archiving devices, Puget captures Very Low Frequencies (VLF), also known as "Natural Radio." This practice enables him to engage in "weather watching"—a form of hertzian field recording that transforms him into a "sound storm hunter," directly inserting himself into meteorological phenomena through audio documentation.

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Aleksandra Ksiezopolska, Deputy Head - Curator at LAZNIA Center for Contemporary Art, about June 2025 research residency at LAZNIA CCA, Gdansk (PL), 2025.



Alexis Puget thrives on internet culture, science fiction and genre cinema from the 1960s to 2010, from which he draws fertile narrative material. His work is sculptural and video-based. His works, linked by a central narrative, are organised rhizomatically. In physical space, they compose stories and situations fed by web communities that become entangled with multiple other sources. Objects, archives, traces and speculations create a framework in which the viewer is invited to circulate and recompose.
For Playlist For an Eternal Autumn, the artist compiled a large amount of documentary material over a period of three years, in order to share the story of a romance between members of the micro-community of a Youtube live chat. For the artist, these virtual spaces of exchange and what they produce bear witness to the ‘new relational ecologies’ that have developed in a context of post-pandemic emotional collapse. The textual dimension and disembodied nature of the encounters produce ‘cinematographic’ images that Alexis Puget uses as potential narrative material. Based on the dialogues between CharmAngel and Monster, the artist projects the settings and situations, re-enacts elements of the chat, and envisions the objects and clothing described. The sculptures and videos recreate the different moments in the relationship. They are presented to us like fragments of a contemporary romance.
Guillaume Mansart, Head of Documents d’Artistes PACA and independant art critique, for La Relève 7 - Notre Part Belle, 2025.


Alexis Puget’s work is deeply rooted in reality and shows a great contemporaneity in its multiple deployments and articulations, in the richness of its plastic forms (sculpture, video, 3D printing, AI, drawing, hydroponic culture, etc.), and in the accuracy of the research and readings that support it, the crossroads of human sciences and poetry, biology and art. It lays the groundwork for a precise and committed artistic work, built around environmental issues, the Anthropocene and the Capitalocene, in the era of narrative speculation and new poetic narratives.
Clotilde Viannay, Editor in Chief of L’Incroyable, 2023.

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